Years Of Refusal
Il y a quelques semaines, je me suis fait virer, disons-le, comme une merde. Privilège de la non-règlementation (ou plutôt de la réglementation non-appliquée du secteur professionnel dans lequel j’évolue), du jour au lendemain, je me suis retrouvé à pointer au chômage, complètement honteux, sous le choc, un poil vénère et surtout désespéré. Et si j’en parle aujourd’hui, c’est que je vais un peu mieux. Un peu. Mais ma situation reste toujours difficile, moralement. Re-bosser en intérim, alors qu’il y a cinq ans, lorsque je repris mes études, je m’étais juré de ne plus refaire ce genre de taf, c’est dur. Mais voilà, j’ai un loyer à payer, le remboursement de mon prêt étudiant à gérer (privilège d’être né pauvre, et d’avoir un peu d’ambition). Bref, quotidiennement, 6 jours sur 7, je suis collé au téléphone, tentant sans réjouissance de questionner toutes sortes de personnes sur leur rapport à leur banque, et à accepter des conditions de travail que je trouve dégradantes. Et ce, pour manger (au moins, la boîte paye en temps et heures…)
Si j’en parle aujourd’hui, c’est que je vais un peu mieux. Un peu. Alors oui, je suis énervé à en crever, en colère sur tout et n’importe quoi (mais surtout envers moi), ma vie sociale est inexistante (ou presque)(j’ai un peu de mal à voir des gens, lorsque je suis angoissé) et je déprime sec. Mais bon, peu à peu, je reprends un peu d’espoir par là, d’ambition par ici. Je me dis qu’il va sans doute falloir repasser par un stage et/ou une formation pour remettre un pied dans le secteur, bloquer la porte avant qu’elle ne referme définitivement, s’imposer pour se vendre, encore. Ainsi soit-il. J’ai des projets, peut être même des pistons, ou des personnes prêtes à m’aider et m’encourager. Mais avant ça, je vais devoir apprendre à accepter ma situation. Car mon problème, et pour en avoir discuter avec celle qui partage ma vie (et mes angoisses)(même à distance), c’est que je dois apprendre la patience. Je ne cesse de courir après la temps, les deux années post-bac où j’ai fait de la merde, mon retard culturel, perception ultime (et moteur) de toutes personnes venant d’un milieu social moins privilégié (car tout le monde n’a pas la chance d’avoir un parent médecin), que je ne rattraperai jamais, ou bien que j’ai déjà rattrapé depuis des années… Bref apprendre à ne plus trop tirer sur la corde, et s’attacher un peu plus au présent.

6 Comments so far
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Courage, je passe par là aussi et ce sont des étapes obligées. Let it flow… J’aime bien ton blog. amicalement.
By nkl on 02.01.10 15:45
Merci beaucoup. La même chose pour toi, alors.
By Régis on 02.01.10 15:53
Tu es bien plus cultivé que la plupart des enfants de médecin que je connais. Tu n’as plus rien à prouver de ce côté-là. En tout cas, cesser de parler de “retard”.
By M. on 02.01.10 20:09
je parlais de retard par rapport au fait que je suis une personne assez impatiente (mais c’est aussi un moteur). Merci pour le compliment.
By Régis on 02.02.10 12:44
J’espère que les astres vont à nouveau briller pour toi.
By matyeu on 02.03.10 2:50
Merci
C’est au moins l’occasion de faire le point.
By Régis on 02.03.10 12:41
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